Annie Simon en vinyle ou CD d'occasion (collector)
Un 45 tours autoproduit, numéroté à la main (série 48133), qui résonne comme un témoignage brut de la scène française confidentielle des années 80. Annie Simon s’attaque ici à deux monuments du répertoire — Hymne à l’amour (Piaf/Monnot) et Mon Dieu (Vaucaire/Dumont) — avec des arrangements signés Pierre Lasne, alias Piero, figure de l’ombre aux manettes pour de nombreux projets studio de l’époque. L’objet respire le private press authentique : pressage léger, étiquette minimaliste, et cette pochette générique qui en dit long sur l’économie de moyens. La rareté ne tient pas qu’au tirage, elle réside dans la voix : une interprétation habitée, loin des standards karaoké, portée par une section rythmique sèche et des nappes de synthés typiques du son « Lasne ».
Annie Simon : Hymne à l’Amour / Mon Dieu (Exemplaire n°1)
La pochette affiche un VG+ honnête : coins légèrement émoussés, usure de tranche maîtrisée, mais c’est le verso qui raconte l’histoire. Des traces d’humidité anciennes ont laissé leur marque, sans pour autant attaquer le carton en profondeur. Le disque lui-même brille en EX : surface miroir, peu de micro-rayures superficielles, garantissant une écoute silencieuse sur les passages pianissimo. La dédicace manuscrite, quasi effacée par le temps, ajoute cette patine affective que seul le vinyle d’occasion sait offrir. Un exemplaire de collectionneur patient, prêt à tourner sans craquement intempestif.
Second exemplaire numéroté 48133 : état VG+/EX
Même matrice, même mystère, seconde copie disponible. L’état général calque le premier : pochette VG+ avec ces mêmes traces d’humidité au verso — signature d’un stockage cave mal ventilé — et disque EX (VG+/EX selon la grille Goldmine appliquée ici). La dédicace est à nouveau présente, fantomatique. Avoir deux unités du même pressage privé numéroté en stock est une anomalie statistique réjouissante pour le digger : cela permet de comparer les matrices, de vérifier la constance du mastering, ou simplement de garder l’un sous cellophane et de user l’autre. La dynamique de l’arrangement de Piero, entre basse fretless ronde et boîte à rythmes Roland, passe intacte sur ce pressage.
Traces d’humidité au verso : protocole de sauvetage
Ces auréoles claires sur le dos de la pochette ne sont pas anodines : elles signalent un développement fongique latent. N’attendez pas qu’elles migrent vers le vinyle. Sortez le disque, placez la pochette à plat sous une pile de livres lourds (protegée par du papier siliconé) pendant 48h dans une pièce à 40-45% d’hygrométrie. Si le carton reste souple, glissez-le ensuite dans une sous-pochette polypropylène haute densité (type Mobile Fidelity ou Ultimate Record) avant de le remettre dans sa pochette d’origine. Cela crée une barrière hygrométrique tout en préservant l’aspect « brut » de l’autoproduction.