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33T
État pochette : VG+ | État disque : VG+
Un prénom écrit à l'intérieur de la pochette ouvrante et sur le macaron face A. - Imaginez la scène. Nous sommes le 16 novembre 1970. Vous poussez la porte du studio mythique de Rudy Van Gelder à Englewood Cliffs, dans le New Jersey. L'air est chargé d'électricité. Ce jour-là, le trompettiste Freddie Hubbard s'apprête à graver ce qui va devenir un jalon absolu du catalogue CTI Records : le légendaire Straight Life (référence CTI 6007). Sous la houlette du producteur Creed Taylor, ce n'est pas une simple session d'enregistrement qui se prépare, c'est le moment précis où le hard bop bascule corps et âme vers un jazz-fusion gorgé de soul et de funk. - Pour réussir ce hold-up musical, il fallait une équipe de tueurs. Creed Taylor rassemble un personnel d'exception, un véritable alignement de planètes : Joe Henderson au saxophone ténor, Herbie Hancock installé derrière son piano électrique, George Benson à la guitare, soutenus par la rythmique impériale de Ron Carter à la contrebasse et Jack DeJohnette à la batterie. - Quand vous dénichez ce pressage américain et que vous posez enfin le diamant sur la cire, la magie de la chaleur analogique opère instantanément. La face A s'ouvre sur le morceau-titre, « Straight Life ». Dix-sept minutes d'une transe incandescente. Hubbard et Henderson s'y livrent un duel dantesque, poussés dans leurs retranchements par une section rythmique en feu. Hancock et DeJohnette sont littéralement au sommet de leur art, propulsant le morceau dans une autre dimension. C'est du jazz de haut vol, technique mais viscéral. - La face B ne faiblit pas. Le fantastique « Mr. Clean » vous attrape immédiatement par les hanches avec son groove imparable, avant de glisser doucement vers la mélancolie feutrée de « Here's That Rainy Day ». Cette ballade intimiste d'une sensibilité rare vient clore l'album, offrant un contraste saisissant avec la fureur des premières pistes. - Au-delà de la claque auditive, ce vinyle est un objet d'art total. Sa somptueuse pochette ouvrante (gatefold) est sublimée par les visuels ultra-contrastés du photographe Pete Turner. C'est le genre d'objet qui claque immédiatement quand on le sort d'un bac de disques. Entre la perfection du son gravé par RVG et l'intensité de ces sessions de 1970, ce disque demeure un incontournable absolu. Une expérience brute à vivre d'urgence. Volume au maximum, évidemment.